CONFIANCE NE RIME PAS AVEC PRUDENCE

Comme l'an passé, une querelle oppose les instituts (INSEE et INC notamment) sur le calcul du pouvoir d'achat.
Le premier qualifie l"immobilier "d'investissement destiné à accroitre le patrimoine" alors que le second oppose l'intégration du coût de logement dans le fameux indice !
Investissement ou consommation ?
De cette alternative semble dépendre la pertinence d'un indicateur, véritable cheval de toutes les batailles et de tout bord, car il incarne la réelle et existencielle préoccupation du citoyen, et dés lors, s'incarne en incontournable levier politique.
 
Parce que cela devient de plus en plus fréquent dans une vie, nous le constatons tous les jours dans nos agences : l'acquisition de sa résidence est bel et bien un acte de consommation.
Nous consommons du logement comme nous consommons du loisir ou de l'assurance.
La Palice se tiendrait les côtes de nous voir débattre si aprement d'une telle évidence.
Au dela des joutes statiticiennes, avoir un toit sur sa tête n'est pas gratuit et coute de l'argent à perte ou en capitalisation, et cela en coûte de plus en plus.
Le "ressenti" réel du client ne sera guere apaisé par un indice (qui oscille maigrement entre 1 et 3 % selon les clochers) quand la maison qu'il rêve d'acheter l'endettera pour 10 ans de plus qu'il y a 8 ans. Il sentira alors douloureusement que la moyenne n'a aucune signification quand l'écart type augmente, ce qui est le cas depuis 20 ans.
 
Au delà des effets d'annonce qui se veulent pourvoyeur de confiance, et par là, de croissance potentielle, la bataille du pouvoir d'achat s'articule prosaiquement sur le terrain autour de 2 axes : élever le niveau de revenu ou baisser les prix.
Le prix à la consommation, notamment alimentaires, s'envole (Lactalys et Bonduelle déclarent augmenter leurs prix de 10 % pour maintenir leur marge), ce n'est donc pas encore gagné  !
 
Pourtant des solutions existent. Dérèglementer le secteur de la distribution par exemple (loi Galland, Royer, Raffarin) pour laisser jouer la libre concurrence engendrerait une baisse des prix de 2 à 4 % selon la commission Attali, un gain de croissance de 0.8 point du PIB sans parler des créations d'emplois induites.
Optimiser les conditions d'accés à la propriété, devenu sociologiquement un bien de consommation et de loin le plus conséquent, ne pourrait que gonfler davantage de telles perspectives.
Il est alors opportun de se rappeler qu'en théorie, le droit de la concurrence ne doit viser qu'à controler les pratiques commerciales qui nuisent au marché, c'est à dire au consommateur, et non celles qui n'ont aucun impact sur ce dernier.
Une fois encore, constatons que chez nos cousins européens, voire d'Amérique, seuls les ententes et les abus de position dominante sont controlés, il ne s'agit donc pas de défricher une terre inconnue.
Il est plus qu'urgent d'oeuvrer pour dépasser les consensus frileux de certaines professions, assimilable à des cartels, et d'engager une véritable révolution afin de rompre avec la logique malthusienne de notre système actuel et dépassé.
 
Trois états sont générateurs de confiance parait il : l'espoir, la fierté et le progrés, commençons par initier ce dernier, je pense que les deux autres suivront. 
Yves GILLET
Fondateur de l'Etude Immobilière