Principe de précaution, de prévention, de chaine de responsabilité, les barricades juridiques s'amoncèlent et ricochent les unes sur les autres car il faut de toute façon un responsable, un bouc émissaire pour payer la faute, l'erreur, la négligence, même s'il n'est pas pour autant coupable.
Le droit ne réside plus tellement en la mise en oeuvre d'un jugement lui même mais en la recherche du "condamnable" final (ou finaliste) ! C'est bien là que se livrent les vraies batailles qui engendrent des "contentieux-soap" et des procés fleuve.
On assiste par ailleurs à certains paradoxes dans cette quête du justiciable : la pénalisation 'tolérance zero' de la délinquance urbaine est à l'ordre du jour (voir déjà appliquée avec les effets pervers que l'on connait comme à New York) alors que les même imaginent simultanément une dépénalisation de la délinquance en col-blanc, le milieu des affaires se voyant doté d'une immunité relative ... nouvel attribut du notable économique, de quoi alimenter la lutte des classes.
Indépendamment de l'environnement, de l'orientation et quelque soit l'échelle, encore faut il distinguer l'erreur de la faute ... la conscience de la chose apparait naturellement comme le facteur distinctif.
Néanmoins, que ce soit de l'une ou d'autre, nous sommes sensés apprendre, et apprendre à accepter même de se tromper me parait opportun !
Je le constate chaque jour dans le monde de l'entreprise où se montrer faillible est plus une marque de faiblesse que d'honnêteté.
Pourtant, si je ne m'étais pas trompé à maintes reprises dans ma vie, je ne serai certainement pas fier de voir aujourd'hui mon entreprise grandir sainement, notamment affranchie de mes fautes ou erreurs de 'jeunesse'.
Dans le business -comme dans le privé- le bon sens incline bien évidemment à tout faire pour pallier l'erreur : une information claire permet d'écarter au mieux préjugé, inexactitude ou impatience qui faussent la perception et le fondement réfléchi d'une décision.
Dans les valeurs que porte l'Etude Immobilière, je veux m'appliquer à déployer le plus grand nombre de détrompeur dans la profession immobilière : révéler et expliquer une logique économique cohérente fondée sur l'architecture d'un service en est un. Rendre transparent et évident ce qui ne l'a jamais été en est un autre, et je dirais, fondamental pour induire un jugement en connaissance de cause.
Il est possible et souhaitable par ailleurs de border un système technique ou commercial en vu de remédier au risque inhérent de faillibilité : la performance d'un système de management Qualité n'est plus à démontrer selon moi (cf edito d'avril 2007), l'élevation continue de la compétence par la formation y contribue également avec force.
Quant à la faute, cette erreur consciente, la meilleure garantie pour le client est encore de vérifier que son prestataire respecte la loi, et fait preuve d'une réelle éthique professionnelle.
Même si par nature nous sommes amenés à en commettre et que, pour citer Oscar Wilde, 'l'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs', une réelle déontologie professionnelle doit réduire cette marge au minimum, c'est le propre de toute vocation commerciale, on ne peut "grandir" que de ses propres erreurs ou fautes, non de celles des autres.
Au professionnel donc de préserver son client des défaillances tout en apprenant à les reconnaitre sans se cacher opportunément derrière l'arsenal juridique, et d'en enrichir son parcours en les assumant. C'est à mon sens, la preuve de sa "responsabilité" la plus louable et la plus profitable à long terme.
Yves GILLET
Fondateur de l'Etude Immobiliere