MON CHER TOIT

Le problème du logement a cela de clair que son énoncé contient une bonne partie de la solution. En effet, si la majorité de ses crispations se convertit en une extrapolation comptable sur le nombre de logements à construire ou de savoir si le prix est extravagant ou non, le problème s’en trouve profondément simplifié.
Toutefois, peut on toujours parler de « problème de logement » dés lors que les revendications pandémiques deviennent « reality-shows », que les couvertures de magazine sur l’état de la bulle se succèdent, et que cette préoccupation se porte en étendard de plus en plus haut par les politiques en campagne ? Derrière la croissance molle de la population, l’augmentation rapide du nombre des ménages s’accélère prenant au dépourvu l’Etat providence. Mariages tardifs, séparations, recompositions familiales, flux migratoires, … là où un logement suffisait en 1960, il en faut deux désormais.
Le logement devient alors une « problématique en soi » dans laquelle les efforts publics, pourtant sans précédent depuis 25 ans n’y suffisent plus car d’autres variables entrent dans l’équation. La relance de la construction et l’offre qui en découle reste inaccessible à la majorité des ménages français car la tendance spéculative (alimentée aussi par le pourcentage des intermédiaires) attise l’envolée des prix. Ces derniers ont quasiment doublé en moyenne depuis 2000 alors que les loyers ont décollé de plus de 24 % depuis 2001 (source Observatoire des loyers Clameur). Résultat : le logement (toutes dépenses confondues), n’a jamais pesé aussi lourd dans le budget des ménages : 24,7 % en 2005, contre 14 % en 1984.
Le « mal-logement » est en passe de devenir le mal anachronique du siècle et si le diagnostic est aisé, déterminer le traitement l’est beaucoup moins, droit opposable ou non.

Yves GILLET
Fondateur de l'Etude Immobilière