En ces temps de transition, la principale inquiétude qui demeure et s'affiche est celle du maintien du pouvoir d'achat.
Cette capacité à se loger, se nourrir, se chauffer, circuler, se soigner, bref, ces moyens nécessaires pour vivre selon une constante dont nous réclamons au moins la stabilité d'une année sur l'autre au regard de nos propres ressources.
Une récente étude démontre que les français ont perdu 6% de pouvoir d'achat immobilier en 2012.
L'Insee de son côté confirme qu'entre 2005 et 2010, l'investissement global nécessaire au logement a augmenté de 17% en moyenne, soit 4% de plus que le niveau de vie moyen.
Le pouvoir d'achat immobilier régresse, la faiblesse des taux d'intérêt ne suffit pas à compenser ce recul, et bien que la durée des crédits augmente et le nombre de mètres carrés accessible se réduit.
A l'instar d'une "France de propriétaires" proclamée sur les marches de l'Elysée, le devenir reste viscéralement l'objectif principal des français, la sécurisation d'un capital, a fortiori dans une perspective de retraite incertaine, s'ajoutant à la profonde culture sédentaire gauloise.
Cette quête du toit engendre certains comportements illogiques qui contribuent à nourrir cette difficulté à acheter, et la frustration qui s'ensuit. Ainsi par exemple, tout locataire qui mute en primo-accédant revendique immanquablement plus de mètres carrés qu'il n'en était auparavant locataire ! A loyer équivalent, l'aspirant-propriétaire voudrait non plus louer 50 m2 mais en posséder 70 !
C'est le raisonnement inverse qui s'impose.
Le changement de statut social (et fiscal) induit des frais inhérents à l'accession : intérêts d'emprunt, assurance de prêt, frais de notaire, honoraires d'agences, impôts, taxes foncières, entretien, charges de copropriété, etc, qui augmentent considérablement le poste habitation du ménage.
A budget et paramètres égaux, la surface du logement acheté peut de facto être difficilement supérieure à celle précédemment louée.
Le pouvoir d'achat immobilier n'est donc pas qu'une question économique, c'est aussi une question de bon sens économique.
Yves Gillet.
PDG de l'Etude Immobilère.