UN PAYS DE PROPRIETAIRES

... ou de l'effet de l'exonération fiscale des intérêts d'emprunt sur l'accession universelle à la propriété.

Au delà des modalités qui alimentent de multiples spéculations sur l'assise de cette déduction ou sur sa durée, d'autres prospectives ou exercices de voyance économique émergent.

Cela va t'il alimenter l'inflation immobilière ou bien compenser équitablement la hausse des taux bancaires ? Et pourtant c'est bien l'inflation -encore hypothétique- qui décidera de l'accroissement des taux par la BCE, ... c'est le serpent qui se mord la queue. A quoi cela sert il de doper la demande si l'offre ne suit pas ? Peut on entendre par ailleurs.

Les boussoles s'affolent et les experts ferraillent !

Nul doute en effet que le "ticket d'entrée" pour les primo accédants risque de grimper si le prix de la pierre et le coût de l'argent s'envolent de concert !

Sous l'ancien système, aboli en 1998, de nombreux économistes estimaient que cette incitation fiscale n'était pas déterminante dans la décision des ménages de devenir propriétaires.

Une chose demeure : nos compatriotes n'ont jamais autant aspirer légitimement à la propriété, nous le vivons tous les jours dans nos agences. A l'heure où ces foyers candidats propriétaires devront faire des arbitrages entre les différentes variables : durée du prêt, taux bancaires, prix du m², exonération,… pour acheter ou revendre, l'équation ne sera pas plus simple qu'avant mai 2007.

Elle devra juste s'insérer dans un marché de plus en plus tendu ou les délais de vente s'allongent.

Il faudra encore du temps pour que l'offre ait l'intelligibilité d'elle-même, à savoir se satisfaire de sa valeur réelle, sans se complaire dans d'illusoires et vertigineuses plus-values.

La vérité des prix comparables est un antidote de régulation à cette illusion, tout comme la commission forfaitaire.

Parce que le prix du service de l'intermédiaire n'apparaît pas sur le titre de propriété, il ne peut relever de l'investissement immobilier et ne devrait donc pas légitimement être soumis à déduction fiscale si l'emprunt le finance.

Le législateur aurait tout intérêt à ne pas négliger ce fait, cela tendrait enfin à assainir la profession et sans nul doute, à approcher aussi l'objectif visé par cette mesure.

Yves GILLET
Fondateur de l’Etude Immobilière