Selon l’Observatoire Crédit Logement / CSA, les taux d’intérêts des prêts immobiliers aux particuliers atteignent un niveau très bas : en septembre, le taux d'intérêt moyen s'est établi à 3,30 %, contre 3,40 % en août. Les candidats à l'accession à la propriété sont séduits par la poursuite de la baisse des taux, mais la chute des taux des prêts immobiliers permettant aux acheteurs d'emprunter plus, et donc de payer plus cher les biens, ne serait pas complètement étrangère à l'augmentation des prix de l'immobilier, même si la pénurie de logements l'explique davantage.
Les taux attractifs profitent à l'accession à la propriété ? À l'achat-revente ? À l'investissement locatif ? Surtout au rachat de crédit qui permet à l'emprunteur de renégocier son financement à des conditions plus compétitives, mais qui n'a d'intérêt que s'il existe, au minimum, un différentiel d'un point (3,30% au lieu de 4,30%, par exemple). Ainsi, chez le courtier en ligne Empruntis, le rachat de crédit totalise 50% de la production de crédit au troisième trimestre 2010. La production de crédit n'étant pas adossée à une nouvelle transaction, cette reprise est une "fausse reprise",
le rachat de crédit n'ayant pas de rapport avec l'activité purement immobilière, la production de crédit ne constitue pas un critère souverain pour la mesure de la vitalité du marché immobilier.
La reprise est menacée par :
- une hausse trop rapide des prix dans les secteurs tendus où il y a pénurie d'offres par rapport au nombre de demandes et
- une remontée des taux d'intérêt, réduisant de facto le nombre de dossiers acceptés par les banques. Une hausse des taux pèserait donc sur la production de crédit. Concernant ce risque, Empruntis mise sur un maintien des taux d'intérêt pour les six prochains mois.
Baisse des taux, hausse des prix : "Argent pas cher pour logements hors de prix", pour reprendre le titre du Monde. Au final où en est le pouvoir d'achat immobilier des candidats à l'achat ? Au global, la capacité d'achat a-t-elle augmenté ou baissé ? Entre octobre 2009 et aujourd'hui,
le coût total du crédit a diminué de 13% (et de 40% par rapport à octobre 2008).
Ainsi, malgré le rebond des prix depuis le début de l'année, le pouvoir d'achat immobilier a bondi de plus de 20% en moyenne, en 2 ans. Cependant, en un peu plus de 10 ans, l'acquéreur a perdu de la capacité d'achat de mètres carrés : la surface achetable a fortement diminué.