MIREILLE WEINBERG, Les Echos
Surprise à la conférence de presse ce matin, où la FNAIM (Fédération nationale de l'immobilier) faisait un bilan du marché immobilier ancien au premier semestre 2010. Pour la Fédération en effet, les prix de l'immobilier ancien, sur la France entière, auraient reculé de -0,9 % au premier semestre 2010. Mardi, le réseau Century 21 (900 agences) avait, lui, annoncé une hausse des prix dans l'ancien pour la même période de +4,89 %, quand le réseau Guy Hoquet (550 agences), toujours pour le premier semestre 2010, faisait état quelques jours plus tôt, d'une hausse à peu près équivalente de +4,25 % !
Sur 550 agences immobilières Guy Hoquet, 160 donnent leurs chiffres. Mais attention, les prix indiqués ne sont pas une stricte lecture des prix de ventes effectifs, ils intègrent aussi l'opinion de chacun des 160 agents immobiliers sur son marché local. Représentant l'activité et l'opinion des agents immobiliers Guy Hoquet, ils n'ont donc qu'une valeur strictement indicative. Chez Century 21, les prix de toutes les ventes signées par les agents immobiliers remontent automatiquement à la tête de réseau, pour la simple et bonne raison que cette dernière est commissionnée sur ces prix de vente. Tout se fait automatiquement, l'agent immobilier n'a rien à saisir. Encore une fois ces chiffres doivent être pris pour ce qu'ils sont : un panorama très fidèle de l'activité des agences Century 21, qui représentent environ 8 % de l'ensemble du marché immobilier.
A la FNAIM, qui n'est pas un réseau d'agences immobilières intégré, mais un syndicat (y adhèrent donc aussi certaines des agences Century 21 ou Guy Hoquet), les agences syndiqués remontent leurs chiffres si elles le souhaitent, et elles n'ont absolument aucune obligation de le faire. Consciente de la polémique qu'elle suscite depuis plus d'un an, la Fédération continue de se défendre en expliquant que sa méthode statistique est fiable et scientifique car mise en place par le professeur Mouillart en 1985. Ce n'est cependant pas la méthode qui est en cause, mais les données qui l'alimentent. La FNAIM revendique invariablement 5.000 références par mois. Que valent ses chiffres (lire notre enquête « Immobilier : la vérité sur les statistiques de la FNAIM » ) ? Comme pour les autres, il s'agit d'une tendance de marché. L'ennui cette fois, c'est que les tendances dégagées par les seuls agents immobiliers se font face, mais sans aller dans le même sens... Le juge de paix, les notaires, représentatifs du marché à hauteur de 80 %, ne fourniront leurs chiffres pour le premier semestre qu'à la rentrée.
Les echos - 16/07/2010