14/01/2016 - Immobilier : reprise fragile sur fond de prix (encore) élevés

En 2015, les ventes de logements anciens ont été dopées par les taux historiquement bas des crédits immobiliers. Embellie durable ?

Pas de doute : en 2015, le marché de l’immobilier a bien retrouvé le sourire ! Sur le marché du neuf d’abord, les promoteurs se réjouissent depuis des mois du retour en force des investisseurs séduits par l’avantage fiscal Pinel. Sur celui de l’ancien ensuite, c’est au tour des agents de se targuer maintenant de l’envolée des ventes après plusieurs années de déprime : +16,2% de transactions enregistrées au sein des 800 agences du réseau Century 21, +11,5% au sein des 450 points de ventes de l’enseigne Guy Hoquet, les statistiques compilées tour à tour par les professionnels sont unanimes.

Cette soudaine reprise tient essentiellement à la baisse des taux d’intérêts des crédits immobiliers, qui depuis l’été dernier ont atteint un plus bas historique : autour des 2% quand ils s’e?levaient en moyenne a? 4,15% en janvier 2012 ! De quoi sérieusement regonfler le pouvoir d’achat des potentiels acheteurs. C’est simple : selon Century 21, l’apport personnel ne?cessaire pour acheter un bien immobilier n’a tout bonnement jamais e?te? aussi faible. Il repre?sente en moyenne actuellement à peine 1,9% du montant total d’acquisition financé à crédit sur 20 ans (voir graphique ci-dessous) !

Capture d’e?cran 2016-01-04 a? 16.45.51

Ce bilan positif incite aussi les agents à l’optimisme pour 2016. D’autant que le lancement en janvier d’un prêt à taux zéro élargi permettant de financer jusqu’à 40% d’un logement (à condition de réaliser des travaux de rénovation) pourrait encore favoriser le redressement du marché.

Mais gare à toute euphorie hâtive. Plusieurs éléments laissent à penser que l’embellie est encore fragile… et que le marché peut très vite se gripper en cas de renchérissement du coût du crédit. Les délais de négociation demeurent tout d’abord à des niveaux élevés : 97 jours en moyenne contre moins de 70 à 80 jours durant les belles années d’avant crise 2000-2007.

En outre, malgré leur fléchissement entamé depuis 2012, les prix moyens des logements restent étonnamment élevés. Comme le montrent les courbes ci-dessous, les tarifs de l’immobilier ancien se sont stabilisés à des niveaux supérieurs à ceux atteints avant l’éclatement du marché fin 2007. Un constat particulièrement vrai pour les appartements, qui imposera sans doute aux vendeurs de lâcher un peu de lest si, encore une fois, les taux des emprunts immobiliers venaient à remonter.

Capture d’e?cran 2016-01-04 a? 17.21.54

Capital.fr - 4/01/2016



Historique

2019

2018

2017

2016

2015

2014

2013

2012

2011