05/04/2012 - En France, l'immobilier revient à la raison

Les prix de l'immobilier ont continué à augmenter en France pendant la crise, mais les observateurs tablent sur un repli dès cette année.

En France, la pierre a défié la crise ces dernières années avec des prix qui ont continué à augmenter envers et contre tout (+ 150 % depuis début 1998). «En 2010, la France a vu ses prix progresser de façon parfois spectaculaire au regard des difficultés économiques. Le marché français affiche des résultats exceptionnels qui vont à l'encontre du mouvement de stabilisation ou baissier observé sur d'autres marchés européens», souligne le réseau Era Immobilier dans une étude sur l'immobilier européen.

Soutenus notamment par la loi Scellier, les investisseurs ont joué la pierre contre la Bourse. Mais le tour de vis fiscal et le décrochage des prix face aux revenus des ménages ont mis un terme au «phénomène» français. Les prix des logements reculent et la plupart des observateurs tablent sur une baisse de l'ordre de 5 % dans l'ancien cette année.

«Les prix sont toujours très fortement surévalués, de l'ordre de 25 % en moyenne dans l'ancien, et de 35 % à Paris. Un ménage doit acheter plus petit ou moins bien placé par rapport à ce qu'il aurait pu acquérir dans un marché équilibré», calcule Olivier Eluère au Crédit agricole. Peut-on parler de bulle immobilière?«On n'est pas dans un marché immobilier du type bulle du crédit comme jusqu'en 2007 aux États-Unis, au Royaume-Uni ou en Espagne. On n'est pas non plus dans une bulle spéculative classique comme en Ile-de-France entre 1985 et 1991. Et il n'y a pas eu d'excès en matière de construction», répond l'économiste. Les observateurs tablent donc sur un repli en bon ordre car la demande est réelle, démographie oblige, les Français ont un lien particulier avec la pierre et le marché est sain.

Le Figaro (2/04/2012

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