13/07/2010 - Christine Lagarde lance son opération "frais bancaires".

La ministre de l'Economie souhaite que les frais imposés par les banques à leurs clients soient mieux encadrés et que les pénalités en cas d'incident de paiement soient réduites.

Promettre de diviser par deux les frais bancaires : Christine Lagarde a trouvé une idée populaire et peu coûteuse en cette période de rigueur. La ministre de l'Economie souhaite que les frais imposés par les banques à leurs clients soient mieux encadrés et que les pénalités en cas d'incident de paiement soient réduites. Dans un entretien publié jeudi dans Le Parisien, elle demande une baisse de 50% du montant des pénalités imposées en cas d'incident de paiement et les améliorations dans l'information des consommateurs qu'elle souhaite. La ministre demande que les banques proposent dans leur offre standard un "paquet sécurité qui aiderait le consommateur à maîtriser ses frais bancaires".

n cas d'incident de paiement, les commissions d'intervention que les banques imposent "ne devraient pas dépasser 5 euros ou être réduites de 50% par rapport à la situation actuelle", poursuit Christine Lagarde. La ministre de l'Economie estime d'autre part que les clients doivent pouvoir choisir les services dont ils ont besoin.
 
Transparence
 
"Aujourd'hui, ils paient trop souvent pour des choses qui leur sont inutiles", dit-elle. Pour améliorer l'information des consommateurs, "je souhaite qu'à l'avenir chaque banque affiche dans un encadré en tête de sa plaquette tarifaire le prix des dix services les plus souvent utilisés", explique-t-elle. "Les tarifs les plus courants seront ainsi lisibles et immédiatement comparables."
 
Christine Lagarde souhaite par ailleurs que le montant global des frais acquittés figure dans les relevés mensuels. Les banques doivent d'abord se mettre d'accord avec les associations de consommateurs et leurs engagements seront étudiés en septembre, précise-t-elle. "A priori, pas besoin de loi. Si cela s'avérait nécessaire toutefois, des dispositions pourraient être intégrées à la loi de régulation bancaire discutée fin septembre", ajoute-t-elle.

Les banques disent oui

Les banques sont d'accord pour baisser leurs frais d'intervention, en cas de chèque ou prélèvement sans provision, de 50%, a déclaré jeudi à l'AFP Georges Pauget, co-auteur d'un rapport sur les frais bancaires remis à Christine Lagarde, ministre de l'Economie. Il s'agit d'une des mesures concernant les clients les plus fragiles préconisées par les auteurs de ce rapport. "C'est acquis", a-t-il déclaré.

Du côté de la Fédération bancaire française, on souligne que l'ensemble des propositions va être soumis pour consultation au Comité consultatif du secteur financier (CCSF) dès la semaine prochaine. 

L'UFC met la pression

Dans un communiqué titré "seule une loi permettra d'arrêter les frais !", l'UFC-Que Choisir "salue la lucidité du constat, rendu partiellement public ce matin, mais s'alarme de l'absence de détermination gouvernementale à réformer". "Ce constat implacable devrait être suivi par des mesures fortes. Or, au vu des premières déclarations du Ministre de l'Economie, c'est à un «plan» de non-bataille que nous risquons d'assister", poursuit l'association. "Si le rapport reprend plusieurs de nos propositions (dénomination commune des frais, encadré récapitulatif en tête de brochure) le ministre n'entend pas leur donner force obligatoire. Le Ministre fait confiance aux banques pour prendre des engagements et les respecter. Autant demander à un sourd de tendre l'oreille !" 

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