17/10/2017 - Changer ou rester : l'épineux choix du logement des seniors

Face à un vaste marché, les spécialistes de l’immobilier s’intéressent de plus en plus aux attentes et projets des retraités en matière de logement. Deux études récentes éclairent les évolutions en la matière.

«Dans quel type de logement pourrait-on bien vieillir?» Ce sujet, le promoteur Nexity vient de le faire examiner par le sondeur Ipsos. Une curiosité pas totalement désintéressée puisque le principal promoteur français a noué l’an dernier un partenariat stratégique avec le groupe Aegide-Domitys, leader français de la résidence pour seniors non médicalisée. Il ressort de cette étude que si seuls 27% des moins de 35 ans pensent que leur logement ne sera plus forcément adapté à leur âge à l’avenir, ils sont 80% à s’en préoccuper parmi les plus de 65 ans.

Il semble que les plus jeunes (moins de 65 ans) privilégieraient plutôt le fait de rester chez eux, moyennant des services à la personne adaptés (53%) et quelques aménagements/équipements nécessaires (44%). De leur côté, les plus de 65 ans seraient prêts à bouger pour peu qu’ils se rapprochent de leurs proches (52%), d’infrastructures de santé (51%) et globalement des commodités (51%). Le portrait-type d’un logement où l’on pourrait bien vieillir fait l’unanimité quel que soit l’âge: c’est un endroit où l’on est indépendant d’aller et venir librement (à plus de 80%), où l’on peut se connecter avec ses proches, que l’on peut visiter avant d’y emménager, où l’on décide de son rythme de vie et où l’on peut recevoir ses proches.

36% des non-retraités envisagent de déménager quand ils franchiront ce cap

Dans les faits, seuls 9% des plus de 65 ans ont déménagé au cours de ces dernières années et 19% ont l’intention de le faire. Ils souhaitent notamment se rapprocher des commerces et des services (28%), adapter la surface de leur logement à leurs besoins (27%) ainsi que son accessibilité (27%).

De son côté, le réseau immobilier Foncia, qui n’a pas d’intérêt direct dans les résidences seniors, tente également d’en savoir plus sur les attentes de ce public. À en croire l’étude menée pour lui par BVA, 36% des non-retraités envisagent un changement de résidence lors de ce changement de cap, tandis que 20% estiment qu’ils achèteront un bien immobilier pour le mettre en location et 20% pensent qu’ils en vendront un. Ceux qui sont déjà passés à la retraite étaient, quant à eux, 31% à changer de lieu de résidence à ce moment mais seulement 4%, à acheter un bien immobilier locatif et 15%, à en vendre un.

Et parmi ceux qui ont effectivement changé de résidence, un tiers l’ont fait pour aller vivre dans un endroit qui leur est cher et 31% ont opté pour un lieu leur permettant de bénéficier d’un climat plus agréable. Par ailleurs, deux tiers des retraités n’envisagent pas de vendre leurs biens immobiliers, principalement car ils souhaitent les transmettre à leurs descendants (56%) et parce qu’ils y sont attachés (34%). Seule une petite minorité (13%) pourrait envisager une vente en viager.

Le figaro immobilier. Jean-Bernard Litzler, 15/10/2017

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