12/05/2016 - « Sans baisse des taux, les prix auraient baissé de -2 à -5%...

« Sans baisse des taux, les prix auraient baissé de -2 à -5% depuis le début de l'année »

D’après MeilleursAgents, les prix de l’immobilier en France seraient uniquement tenus à court terme par la baisse des taux de crédit. Sans cela, les prix seraient en baisse significative depuis le début de l’année.

« Le marché immobilier vit sous perfusion » affirme MeilleursAgents, commentant son dernier baromètre mensuel des prix de l’immobilier en France.

Selon le site d’information sur l’immobilier, « Alors que la demande reste faible, les taux d’intérêt soutiennent une hausse artificielle des prix limitée aux zones les plus dynamiques : Paris, petite couronne et quelques grandes villes de province (…). La baisse de -0,5% des taux depuis le 1er janvier 2016 a généré mécaniquement +4% de pouvoir d’achat. On peut donc légitimement estimer que, la demande étant stable, les prix auraient diminué de -2 à -5% depuis le début de l’année si les taux n’avaient pas baissé ».

Or, depuis le début de l’année, on observe une hausse des prix de l’immobilier de « +1,1% à Paris, +0,8% en petite couronne, +1,0% à Lyon et jusqu’à +1,5% à Bordeaux ».

Or, depuis le début de l’année, on observe une hausse des prix de l’immobilier de « +1,1% à Paris, +0,8% en petite couronne, +1,0% à Lyon et jusqu’à +1,5% à Bordeaux ».

Baromètre des prix de l'immobilier dans les grandes villes françaises au 1er mai 2016. Source : MeilleursAgents.

Tout le monde ne peut pas profiter de la baisse des taux

Le discours tranche avec le vent d’optimisme qui souffle sur le marché immobilier depuis le début de l’année : jusqu’alors, la hausse des prix de l’immobilier observée en France depuis le début de l’année était saluée comme une « reprise » du marché par les professionnels du secteur, après plusieurs années de stagnation voire de baisse. Cette « reprise » tant acclamée tiendrait donc à peu de choses.

Par ailleurs, la faiblesse des taux ne bénéficie pas à tout le monde. « Forcées de respecter des contraintes prudentielles de plus en plus fortes, les banques ne peuvent prêter qu’aux ménages les plus solvables. Le gain de pouvoir d’achat généré par la baisse des taux ne profite donc qu’aux ménages solvables et dont l’emploi est stable. La demande reste donc trop faible (1,3 acheteur pour 1 vendeur à Paris) pour stimuler les prix durablement à la hausse », affirme le site d’informations.

La baisse des taux du crédit immobilier est indirectement liée à la politique monétaire de la BCE, qui essaie de relancer l’économie européenne en ayant notamment abaissé ses taux directeurs, qui influent sur l’ensemble du marché du crédit. Pour Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents, « Les effets de la politique de la BCE restent donc limités malgré l’ampleur du dispositif. La reprise économique n’est pas au rendez-vous, le contexte reste morose et la situation du chômage ne semble pas en voie de s’améliorer durablement ».

Or, « La reprise saine et durable du marché [immobilier] reste conditionnée par l’amélioration de la situation économique générale et la baisse du chômage en particulier, une perspective qui demeure incertaine à court ou moyen terme ».

Malgré tout, les conditions sont optimales pour acheter

Ces propos poussent a priori davantage à l’attentisme qu’à l’excès de confiance dans la solidité du marché immobilier français. Pourtant, malgré cette mise en garde, MeilleursAgents estime toujours que « c’est le moment d’acheter », qui était le mot d’ordre du mois dernier.

« Que ce soit pour l’achat d’une résidence principale ou pour un investissement, les conditions actuelles sont très favorables et les taux d’intérêt sont attractifs. S’ils venaient encore à baisser, il serait toujours possible de les renégocier. S’ils augmentaient, c’est que la politique de la BCE porterait enfin ses fruits, que l’activité redémarrerait et probablement que l’inflation se rapprocherait des 2% annuels recherchés. Avec des taux d’intérêt inférieurs à 2%, l’argent emprunté serait ainsi quasi gratuit », explique le site d’informations.

Au point que, « Depuis 2008 et la création de MeilleursAgents.com, nous n’avons que rarement constaté de meilleures conditions pour acheter. Mais il faut garder la tête froide et n’acheter (pour y vivre ou pour investir) que dans des biens de qualité situés dans des zones recherchées et où la revente rapide et la liquidité de l’actif sont quasi assurées », explique Sébastien de Lafond.

Ce dernier note que les acheteurs « peuvent facilement négocier [les prix] mais ne doivent pas espérer des rabais très élevés. Les vendeurs ont adapté leur stratégie de vente aux conditions réelles du marché et sont désormais informés et conscients de la réalité des prix. Les prix de mise en vente se rapprochent des prix de vente finaux ».

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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